Article 9

Cérémonials Particuliers

 9.1. Généralités

 Certaines cérémonies, compte tenu de leur spécificité, se déroulent selon un cérémonial particulier. Ce sont les cérémonies annuelles organisées à l’initiative de la Fédération : cérémonie du souvenir au ministère de la Mer, dépôt de gerbes et ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe et cérémonie du souvenir des combats où s’illustrèrent les fusiliers-marins en septembre 1917 à Laffaux (Aisne).

Les deux premières ont en principe lieu un samedi, traditionnellement courant mars, la troisième se déroule le troisième dimanche de septembre.

Une circulaire précisant la date et les modalités de détail de ces cérémonies est adressée, en temps opportun, par la Fédération, à toutes les associations affiliées, soit directement, soit par la voix du Bulletin fédéral.

 9.2. Cérémonie du ministère de la Mer

 Les marins du Commerce et ceux de la Pêche font partie des composantes de la F.A.M.M.A.C. C’est pourquoi la Fédération a tenu à rappeler chaque année, le souvenir de ceux d’entre eux qui ont fait le sacrifice de leur vie au cours notamment des deux conflits mondiaux et de ceux qui sont morts dans l’exercice de leur profession.

 Cette cérémonie se déroule généralement en fin d’après-midi au ministère de la Mer, dans les conditions suivantes :

  •  H – 10’ : rassemblement devant le Ministère de l’écologie et du développement durable (Hôtel de Roquelaure – 246 Bd St Germain – 75007 Paris) des drapeaux et des représentants des associations.
  •  H – 05’ : mise en place des drapeaux des délégations d’associations et des invités dans le hall d’honneur du Ministère. Les drapeaux se disposent de part et d’autre du hall.
  •  H – 00’ : arrivée du ministre délégué chargé de la Mer (ou de son représentant) :
    • Le ministre est accueilli par le président fédéral et par le vice-président fédéral (Marine Marchande),
    •  un officier en uniforme (en principe le secrétaire général commande le -garde-à-vous.
    • le clairon exécute la sonnerie réglementaire.
    • Dépôt de gerbes par le ministre délégué chargé de la mer et du président fédéral.
    • le président fédéral (ou un officier désigné) commande « Aux Morts »,
    • le clairon exécute la sonnerie réglementaire. Les drapeaux s’inclinent. Tous les participants en uniforme saluent pendant la sonnerie « Aux Morts » et pendant la minute de silence qui suit,
    • la fin de la minute de silence est marquée au clairon par la répétition du « dernier appel » tenu au point d’orgue,
    • les autorités rejoignent leur emplacement à l’entrée du hall d’honneur
    • l’officier ayant ordonné le « garde-à-vous » commande « repos »,
    • le ministre ou son représentant, le président et le vice-président de la F.A.M.M.A.C. saluent les porte-drapeaux et les invités
    • après le départ du ministre ou de son représentant l’officier précité commande « la berloque » (sonnerie de clairon),
    • les personnalités de la F.A.M.M.A.C., les invités et les délégations quittent le ministère.

 Nota : Suite à la cérémonie religieuse en la chapelle de l’école militaire, le commandement de la Marine à Paris met un car à la disposition des porte-drapeaux et dans la limite des places disponibles, des autres amicalistes, pour se rendre de l’école militaire au Ministère de l’écologie et du développement durable,  puis à l’Arc de Triomphe où a lieu ensuite une autre cérémonie (voir ci-après).

 9.3. Cérémonie avec dépôt de gerbe et ravivage de la Flamme au Tombeau du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe.

 C’est la plus ancienne des cérémonies traditionnelles organisées à l’initiative de la F.A.M.M.A.C. C’est en effet en 1931 que la Fédération décidait de l’instituer.

L’assemblée générale du 15 mars 1931 décidait en outre, qu’une association affiliée serait tirée au Sort, chaque année, et aurait l’honneur de raviver la Flamme. Cette tradition a été maintenue avec toutefois un aménagement plus équitable: deux associations appartenant à une région F.A.M.M.A.C. désignée, chaque année, par ordre alphabétique, sont désignées à leur tour, à cet effet, au sein de la région.

La cérémonie a toujours lieu à 18h30 après la cérémonie du souvenir au ministère de la Mer. Elle se déroule place Charles de Gaulle (métro Étoile Charles de Gaulle), dans les conditions suivantes

 9.3.1. Dispositions préparatoires

 18h00: Rassemblement des porte-drapeaux, des deux porteurs de gerbe (avec leur gerbe) et des amicalistes, devant l’entrée du passage souterrain, musoir Friedland, avenue des Champs-Élysées (1)

(1) La gerbe F.A.M.M.A.C. est disposée en attente sous l’Arc de Triomphe. C’est à cet endroit que les porteurs de gerbe doivent la retirer.

ceremonielaflamme

Arrivée et mise en place de la section d’honneur de la Marine à Paris et de la musique (musique régimentaire désignée par le général, gouverneur militaire de Paris).

  • 18h15: Les porte-drapeaux, les porteurs de gerbe et les amicalistes se dirigent en cortège vers l’Arc de Triomphe, sous lequel ils se mettent en place conformément aux dispositions du schéma joint.
  • 8h20 : Mise en place des porte-drapeaux, porteurs de gerbe et amicaliste terminée.
  • 18h25: Arrivée du capitaine de vaisseau, commandant la Marine à Paris. Revue du détachement d’honneur.
  • 18h27: Arrivée de l’officier général, inspecteur des réserves et de la mobilisation de la Marine (ou de son représentant).
  • 18h30 : Arrivée du président de la F.A.M.M.A.C. qui est accueilli par le délégué général du Comité de la Flamme et par le commandant de la Marine à Paris.

 9.3.2. Déroulement de la cérémonie

18h35 Arrivée de l’autorité qui préside la cérémonie, qui peut être un ministre, un secrétaire d’État (ou leur représentant), l’Amiral, chef d’État Major de la Marine (Ou son représentant).

Cette autorité est accueillie par le président de la F.A.M.M.A.C., le délégué général du Comité de la Flamme et le commandant de la Marine à Paris. « Garde-à-vous » (sonnerie), « présentez armes ». La musique joue -Aux champs-.

L’autorité passe le détachement d’honneur en revue, accompagnée par les personnalités qui l’ont accueillie puis se dirige vers la position -2- (voir schéma). Lorsque l’autorité s’immobilise en -2-, face à la dalle sacrée, la musique joue le refrain de « La Marseillaise » Le chef du détachement d’honneur fait reposer les armes. L’autorité, accompagnée par le commandant de la Marine à Paris gagne l’emplacement -3- (voir schéma). Le chef du détachement d’honneur fait présenter les armes. Les présidents (ou leurs représentants) des associations désignées, placés en -2- (voir schéma), aidés par les porteurs de gerbe désignés, déposent la gerbe (ruban F.A.M.M.A.C.), puis participent au ravivage de la Flamme.

Le geste du ravivage s’accomplit comme suit :

  • le commissaire de la Flamme prend le glaive des mains du gardien et le remet au président fédéral.
  • Celui-ci actionne le dispositif faisant jaillir la Flamme avec plus de force.
  • Pendant que le président fédéral accomplit ce geste, les deux présidents des associations désignées lui touchent l’épaule (voir photographie).
  • La musique sonne « Aux Morts », les drapeaux s’inclinent.
  • Une minute de silence est observée. A l’issue de la minute de silence, la musique joue le refrain de l’hymne national.
  • Le chef du détachement d’honneur fait ensuite reposer les armes et mettre au repos.
  • Les autorités et le président fédéral, auxquels se joignent les deux présidents des associations désignées, vont signer le livre d’or en -4- (voir schéma), saluent les porte-drapeaux, les personnalités invitées et les délégations, puis gagnent l’emplacement -2- (voir schéma), face à la dalle sacrée.
  • Le chef du détachement d’honneur commande « garde-à-vous ».
  • La musique joue l’« Hymne du Soldat Inconnu » (position du garde-à-vous sans salut).
  • Le chef du détachement d’honneur fait présenter les armes.
  • Les autorités (ou leurs représentants) sont reconduites à leur voiture par ceux qui les ont accueillies à leur arrivée.

Nota : Les amicalistes en uniforme saluent pendant l’exécution de l’Hymne national.

  • Le chef du détachement d’honneur fait reposer les armes.
  • Fin de la cérémonie. Dislocation du dispositif.

Nota 1 : L’Amiral, chef d’État Major de la Marine, lorsqu’il représente le ministre de la Défense, arrive sur le site de la cérémonie à 18h28.

Nota 2 : Les amicalistes en uniforme saluent pendant l’exécution de l‘Hymne national.

Nota 3 : Le Commandant de la Marine à Paris met un car à la disposition des porte-drapeaux et dans la limite des places disponibles, des autres amicalistes pour se rendre de l’école militaire au Ministère de l’écologie et du développement durable puis à l’Arc de Triomphe, et retour, à l’issue de la cérémonie.

9.4. Cérémonies à Laffaux

9.4.1. LAFFAUX

Village picard, situé à une dizaine de kilomètres au Nord-Est de Soissons a été témoin, à la fin de la première guerre mondiale, de violent combats, prélude de l’offensive générale du 26 septembre 1918 et dans lesquels le bataillon des Fusiliers-marins a été engagé.

La stèle, érigée sur les lieux des combats, monument sobre, situé à une vingtaine de mètres en retrait de la R.N. 2 vers Laon, a été inaugurée le 18 novembre 1938, sous le patronage du ministre de la Marine et en présence du Vice Amiral Ronarc’h.

La F.A.M.M.A.C. qui a, statutairement la responsabilité de son entretien, confie, chaque année, aux associations des marins et marins anciens combattants du département de l’Aisne, le soin d’y organiser des cérémonies du souvenir.

Ces cérémonies comportent un office religieux, œcuménique le plus souvent, suivi d’un dépôt de gerbes à la stèle. Le commandant de la Marine à Paris met en place une section d’honneur, l’autorité militaire locale une musique régimentaire. Dans certaines circonstances, une compagnie de fusiliers-marins venus de Lorient, peut participer à la cérémonie à la stèle.

9.4.2. Cérémonie à la Stèle

0h45 : Mise en place :

  • des porte-drapeaux qui se répartissent de part et d’autre de la stèle, les deux hallebardiers (le cas échéant) qui se tiennent au pied de la stèle à droite et à gauche de celle-ci, le porte-drapeau Fédéral ce positionne le premier près de la stèle
  • du dispositif militaire qui se place à gauche et perpendiculairement à la stèle.
  • Des autres participants qui se répartissent face à la stèle et à droite de celle-ci.
  • Les anciens combattants médaillés doivent se détacher des amicalistes et êtres placé derrière les personnalités face à la stèle.

10h55 : Mise en place terminée.

11h00 : Arrivée du Président fédéral ou de son représentant) et le cas échéant du commandant de la Marine à Paris.

  • Les autorités sont accueillies par le délégué départemental de la F.A.M.M.A.C. pour l’Aisne et les présidents des associations de la région.
  • Le chef du détachement d’honneur commande «garde-à-vous» puis «présentez armes». Si le commandant de la Marine à Paris est officier général, la musique sonne le « rappel de pied ferme ».
  • Les autorités passent le détachement d’honneur en revue, puis se placent face à la stèle.
  • Elles déposent ensuite une gerbe (ruban F.A.M.M.A.C.) au pied de celle-ci. Une autre gerbe est ensuite déposée traditionnellement par le maire de la commune de Laffaux. Des porteurs de gerbes peuvent être désignés.
  • Le président fédéral ou le chef du détachement commande «Aux Morts».
  • La musique exécute la sonnerie réglementaire, les drapeaux s’inclinent. Tous les participants en uniforme saluent pendant la sonnerie «Aux Morts» et pendant la minute de silence qui suit.
  • A la fin de la minute de silence, le détachement militaire repose les armes et est mis au repos.
  • Le chef du détachement d’honneur commande «garde-à-vous».
  • Le président fédéral (ou le chef du détachement d’honneur) commande «ouvrez le ban» (sonnerie), puis donne ensuite lecture du récit des combats de Laffaux dont le texte est donné ci-dessous. Ce texte peut être lu par le commandant de la Marine à Paris.
  • Le président fédéral (ou le chef du détachement d’honneur fait fermer le ban (sonnerie). Le détachement militaire est mis au repos.
  • Le Président fédéral remercie les participants.
  • Fin de la cérémonie. La musique sonne « la berloque ».

Nota : Une remise de décorations officielles peut avoir lieu devant la stèle.

Dans ce cas, elle est effectuée juste avant le dépôt des gerbes, selon le cérémonial précisé à l‘article 7 de cette instruction.

JUSQU’AUX RIVES DE L’AILETTE

Au mois de novembre 1915, la glorieuse brigade de fusiliers-marins, la brigade
Ronarc’h était dissoute. Conservant ainsi aux Armées son drapeau à la fourragère, la décision fut prise de garder sur le front, en décembre 1915, un bataillon de marins. Le bataillon de fusiliers-marins, longtemps maintenu dans la région de Nieuport où il obtient sa cinquième citation à l’ordre de l’Armée, reçoit le 25 août 1918 l’ordre de repartir au combat et est rattaché au 1er corps d’Armée qui attaque en direction de l’Est la charnière de la ligne Hindenburg.

Le site du mont de Laffaux, constitué par un système de tranchées en excellent état d’entretien, présente une position extrêmement forte tenue par la 1ère division prussienne dont la consigne est de tenir à tout prix.

Le 14 septembre 1918 à 5 h 50, le bataillon de fusiliers-marins qui est en première ligne depuis le 9 septembre, opérant avec la 29ème division d’infanterie, encadrée à droite par la 128ème division, et à gauche par la première division marocaine, reçoit l’ordre d’attaquer.

Alors qu’il fait encore nuit, un passage est ouvert à travers les réseaux de défense.

A 5 h 58, le bataillon, triomphant de la résistance ennemie, atteint le lieu dit « Moulin de Laffaux», franchit les lignes de tranchées et, emporté par son élan, dépasse même son objectif. Les «creutes» sont vidées de leurs occupants et un petit bois sur les pentes du ravin d’Allemant, est enlevé à la baïonnette et ses défenseurs faits prisonniers.

L’ennemi réagira vigoureusement, le bataillon le poursuivra néanmoins, pas à pas, jusqu’aux rives de l’Ailette mais ne pourra le forcer à lui seul, tant celui-ci dispose de moyens en personnel et en matériel considérables.

C’est sous la pression du 1er corps d’Armée que les Allemands abandonneront enfin cette ligne. Les couleurs françaises flotteront alors sur Laon. Le bataillon épuisé sera mis au repos. Ses pertes auront été lourdes : 18 officiers, 430 officiers mariniers, quartiers-maîtres et marins mis hors combat, soit les trois-quarts de ses officiers et plus de la moitié de son effectif.

Il sera cité pour la sixième fois et la fourragère aux couleurs de la Légion d’Honneur viendra récompenser ses sacrifices glorieux.

Le 13 juillet 1919, à la veille du -défilé de la Victoire», le drapeau des fusiliers-marins venu de Lorient recevait dans la cour de l’Hôtel de Ville de Paris, des mains du président de la République Monsieur Raymond Poincaré, la croix de la Légion d’Honneur.

Beaucoup, parmi les anciens, manquaient à l’appel : le souvenir de leur sacrifice anime aujourd’hui le cœur de leurs cadets, réunis pour perpétuer la mémoire de leurs anciens «morts pour la France».

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