Le Soldat Inconnu

Le 11 novembre 1920, un soldat inconnu était inhumé mus les voûtes de l’Arc de Triomphe.

L’idée avait cheminé quatre ans.

Le 20 novembre 1916, au cours d’une cérémonie funèbre se déroulant dans le cimetière de Rennes, M. F Simon, président du Souvenir Français de cette ville, prononçait ces paroles prophétiques : « Pourquoi la France n’ouvrirait-elle pas les portes du Panthéon à l’un de ses combattants ignorés morts bravement pour la Patrie, avec deux mots seulement pour l’inscription sur la tombe : un soldat, et deux dates: 1914-19…».

L’idée était lancée. Elle fut reprise en 1918 par Maurice Maunoury, député d’Eure-et-Loir, et par M. Crescitz, président de la Société française de Berne. La presse s’en empara et une campagne fut menée pour obtenir sa réalisation : mais, en France, les entreprises les plus généreuses trouvent toujours des détracteurs et la politique vint s’installer là où le sens national seul eut dû présider à la mise en œuvre. Il fallut attendre deux années avant de voir aboutir de longues et pénibles discussions.

Le 12 novembre 1919, la Chambre des députés décidait que le corps d’un Soldat Inconnu serait transporté au Panthéon. Toutefois le principe adopté, il fallait régler les détails de l’exécution : la commission de l’armée en fut chargée. Elle mit un an à prendre sa décision. Le Panthéon restait le terme où devait aboutir la dépouille du mort anonyme.

Mais, à la plupart des anciens combattants, cette place ne semblait pas à la taille de l’immense symbole que représentait à leurs yeux le Soldat Inconnu. Certes, le Panthéon est bien le Temple réservé aux grands hommes par la Patrie reconnaissante : mais, nul ne l’ignore, ce temple a accueilli dans sa crypte nombre de célébrités de second ordre. Quelle figure ferait parmi eux, ce représentant de centaines de milliers de héros tombés au champ d’honneur ? Ne serait-il pas tout bonnement un mort sans nom parmi bien d’autres morts aux noms obscurs? Il ne fallait pas cela. Le Soldat Inconnu devait recevoir une sépulture digne de lui et de ses frères d’héroïsme, une sépulture unique au monde. Il devait être comme une réplique déposée sur l’autel de la Patrie.

L’écrivain Binet-Valmer, alors vice-président de la ligue des chefs de section, entreprit une campagne d’une extrême vigueur pour obtenir que le mort reposât sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile. Dans ce but, il déposa des motions violentes et, des voix s’étant élevées à la Chambre contre son projet, il alla jusqu’à menacer de descendre dans la rue pour faire exaucer le vœu de ses frères d’armes.

Le président du gouvernement d’alors, M. Georges Leygues, adopta sa façon de voir et, le 8 novembre 1920, il obtint l’unanimité des députés pour voter la loi suivante :

Article 1 :

Les honneurs du Panthéon seront rendus aux restes d’un des soldats non identifiés mort au Champ d’honneur au cours de la guerre 1914-1918. La translation des restes de ce soldat sera faite solennellement le 11 novembre 1920.

Article 2 :

Le même jour, les restes du Soldat Inconnu seront inhumés sous l’Arc de Triomphe.

Le Sénat vota également le projet à l’unanimité. Huit corps de soldats français non identifiés avaient été choisis dans les différents secteurs du front : Flandres, Artois, Somme, Ile de France, Chemin des Dames, Champagne, Verdun. Afin que reste totale l’ignorance du héros qui serait choisi, les cercueils, déposés dans une chapelle ardente, furent plusieurs fois changés de place entre eux.

Le mercredi 10 novembre 1920, à 15 heures, en présence de M. André Maginot, ministre des Pensions, le soldat Auguste Thin, du 132ème d’infanterie, fils d’un combattant disparu pendant la guerre, désigna, par le dépôt d’un bouquet de fleurs cueillies sur les champs de bataille de Verdun, le cercueil qui devait être transporté à Paris.

Le soir même, le Soldat Inconnu était acheminé sur la capitale où il arrivait à minuit quinze. Au matin du 11 novembre, après une émouvante cérémonie au Panthéon, il gagnait l’Arc de Triomphe et, tandis que tonnait le canon, il était déposé dans une chapelle ardente, dressée dans une des salles de l’édifice, au haut des deux cents marches conduisant à son faîte.

Le 28 janvier 1921 eut lieu la mise au tombeau. Le Soldat Inconnu commençait sa garde éternelle.

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