La chronique historique « signée Donec » : Héros Brestois

Un clou chassant l’autre les hommes ont une propension certaine à oublier les drames et catastrophes qu’ils subissent quelle qu’en soit l’ampleur.

Qui se souvient du drame à Brest de l’Ocean-Liberty en dehors sans doute de Yann Riou ?

Ce bâtiment est un Liberty-ship construit en 1943 et passé sous pavillon norvégien. Il jauge 7200 tonneaux. Le 28 juillet 1947, il est dans le port de Brest qui est encore très loin de s’être remis des terribles bombardements de la guerre. L’Océan-Liberty a appareillé de New-York le 11 juillet avec un chargement d’objets manufacturés mais surtout entreposés dans la cale 3, des fûts de nitrate d’ammonium, substance fourbe et hautement explosive.

La température de ce 28 juillet est étouffante, à l’ombre, le thermomètre atteint 27 degrés. Les dockers s’affairent pour décharger le navire. Les cales sont surchauffées. Le grutier découvre tout à coup une épaisse fumée orange qui s’échappe de la cale 3 dont le contenu est destiné au Havre. Tous évacuent le bord. Il est 12h25. Les autorités portuaires prennent les choses en main, font ouvrir les panneaux de cale et arrosent la coque pour refroidir la cargaison. A 13h15 trois violentes explosions retentissent. Il est décidé d’évacuer le navire vers le large en dépit du vent qui s’est levé. Les remorqueurs Plougastel et Portzic prennent tant bien que mal l’Océan-Liberty en remorque. A 13h30 on fait évacuer les ouvriers du port. La coque du bâtiment est brûlante. En le remorquant par l’arrière on parvient à le sortir du port. Il est décidé de le saborder. Après plusieurs tentatives infructueuses, l’enseigne de vaisseau Yves BIGNON, directeur des « Abeilles Portuaires » décide de placer une charge explosive contre la coque. Il embarque sur une vedette avec un courageux volontaire, François QUERE, il est 17h15. Leurs efforts sont vains.

A 17h24 le cargo explose entraînant dans la mort Yves BIGNON et François QUERE. L’onde de choc est perçue à plus de 20 kilomètres et un champignon de quatre kilomètres de hauteur s’élève. Il se met à pleuvoir sur Brest des milliers de morceaux du navire disloqué qui allument un grand nombre d’incendies dans toute la ville.

Le bilan est éloquent, 26 morts, 500 blessés, 4 à 5000 maisons détruites sans parler des vitres soufflées.

BIGNON et QUERE connaissaient les risques encourus, le 16 avril précédent, le Gandcamp, autre liberty ship transportant le même produit hautement explosif se désintégrait à Texas-City faisant 600 morts et 5000 blessés.

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