La chronique historique « signée Donec » : Le drapeau rouge flotte sur Bergerac

L’Histoire est faite d’épopées dont l’imaginaire fait des mythes et qui finissent par enthousiasmer les enfants des écoles. Il existe aussi des pages étonnantes qui plongent rapidement dans l’oubli.

Prenons par exemple la présence des Soviétiques en France vers 1945, qui s’en souvient ?

Hervé Dupuy et Michel Lecat ont redécouvert un fonds de photographies laissé par un amateur, Robert Bondier qui relate, en photos, l’existence d’un camp soviétique près de Bergerac dans les six premiers mois de 1945.

Le dernier conflit mondial entraîna d’incroyables migrations de populations chassées, prisonnières et utilisées par l’armée allemande comme supplétifs ou esclaves. Les Russes y étaient en majorité. Ainsi à la fin de la guerre des milliers de Soviétiques hommes et femmes,  errent à travers la France. Ils sont bientôt regroupés dans des camps comme celui qui nous intéresse. Selon le ministère des affaires étrangères ils seraient près de 60 000.

S’ils sont abandonnés par les Allemands, les Français se refusent à les voir encombrer les casernes et leur destinent des camps de transit en attendant de les renvoyer  en Union Soviétique. L’installation est d’abord précaire mais avec l’aide de la population qui idéalise encore le génial « Maréchal Staline » et la « glorieuse l’Armée rouge » les choses se font tant bien que mal. On les occupe comme on peut et des rencontres sont organisées avec les bergeracois comme ce grand banquet qui réunit le 1er mai 1945 les Russes, la population bergeracoise et les autorités civiles et militaires.

Malheureusement nos Russes échappent à tout contrôle et leur comportement ne va pas tarder à déchaîner la colère de la population. Les autorités sont impuissantes devant la multiplication des agressions, des vols et des brutalités. Ils vont jusqu’à positionner un fusil mitrailleur à l’entrée de la caserne du 126ème RI à Brive et menacer de passer à l’attaque si leur égérie, la « princesse » Tamara Wolkonskaia, domiciliée à Rouffignac n’était pas libérée.

Pourquoi une telle mansuétude ? Les Russes détenaient un grand nombre de prisonniers français, des «  malgré-nous » et faisaient monter les enchères. Le gouvernement tenait absolument à conserver de bonnes relations avec la Russie. Nos Russes étaient intouchables.

Les meilleures choses ayant une fin, à l’été 1945 ils furent tous réexpédiés en URSS via l’Allemagne au grand soulagement des Bergeracois.

L’accueil qu’ils reçurent au pays des Soviets fut sans doute mitigé mais selon Hervé Dupuy, ils ne prirent pas tous les chemin du Goulag…

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