La chronique historique « signée Donec » : Avoir la baraka

En 1962 la blessure que furent pour le peuple Pied-noir les « accords d’Evian » n’est pas prête de se refermer et certaines figures fanatiques ne vont pas manquer de le faire savoir au général de Gaulle sans prendre de gants.

A l’été 1962 le mal est fait et les dés jetés. Le général qui regardait loin au-dessus des têtes est tout à l’idée de propulser notre pays dans son rêve de grandeur, de la « force de frappe » à la construction de l’Europe. Pourtant tapis dans l’ombre et armés jusqu’aux dents, les nostalgiques de l’Empire guettaient. Ils reprochaient au général l’oubli de ses promesses et son « je vous ai compris ! »

Le colonel Jean Bastien-Thiry, homme brillant et scientifique de haut niveau avait une passion pour l’Algérie, son potentiel et la folie que représentait pour lui cet abandon. En cet été 1962 l’homme qui personnifie cette tragédie c’est Charles De Gaulle. Il doit payer le prix de ce renoncement.

Jean Bastien-Thiry sera la main de Dieu et elle frappera le 22 août 1962.

L’attentat est remarquablement organisé avec, cerise sur le gâteau une « taupe » à l’Elysée qui renseigne « les argousins d’Argoud » comme l’écrira le Canard Enchainé, sur les allées et venues du chef de l’Etat. Pourtant dans la réalisation des grains de sables viendront perturber son déroulement. Ce seront des signaux que la tombée du jour empêche d’apercevoir, des hommes qui se dégourdissent les jambes et retardent l’action. Sans oublier la chance insolente du général qui passe à travers les balles. Les victimes sont aussi servies par la conception de la DS Citroën qui avec deux pneus crevés conserve, imperturbable, sa trajectoire. A cet instant le général a dû se croire immortel.

De tous les protagonistes de l’affaire, seul le cerveau, le colonel Jean Bastien-Thiry sera passé par les armes devenant ipso facto le martyr de la cause auquel sa « famille » vouera un culte éternel.

Les années ont passées et aujourd’hui nos chères têtes blondes ne connaissent plus, à l’instar des élèves du lycée Papillon cher à Ray Ventura, ni De Gaulle, ni Vercingétorix, ni Napoléon pas plus que l’Algérie, L’Indochine et quelques autres contrées ingrates.

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