Lettre éditoriale du mois de mars 2020

Au cours de ce mois de mars notre vie a basculé entre l’incompréhension et l’incertitude face aux décisions parfois contradictoires.

Malheureusement beaucoup de Français ont été contaminés et certains de nos camarades Porte-drapeaux et sympathisants ne seront plus à nos côtés lors des cérémonies prochaines.

Ayons chers amis cette âme de reconnaissance envers tous ceux nous ayant quitté, mais aussi pour tous ceux sauvant des vies et même périssent en faisant leur métier, s’il vous prend l’envie, n’hésitez pas, applaudissez chaleureusement leurs dévouements et leurs mérites. Nous souhaitons adresser toutes nos félicitations à monsieur Claude TERRASSON élu le 4 février 2020, à l’hôtel des Invalides en présence de madame Geneviève DARRIEUSSECQ. Claude a été élu en tant que Vice-président Fédéral de la F.N.C.P.G-C.A.T.M. à main levée, au collège de l’œuvre nationale du Bleuet de France, ainsi qu’à la commission nationale du diplôme d’honneur de Porte-drapeau.

Nous vous faisons profiter de son article en rapport avec cette épidémie :

Encore une guerre, encore un combat.

Bon nombre d’entre nous ont connu une guerre ou bien des combats sous différents cieux. En face de nous se tenait un ennemi qui nous faisait face ou bien nous tendait une embuscade. Le contact était parfois dur et il y avait un gagnant, donc un perdant.

Aujourd’hui nous avons à faire à un ennemi qui déjoue toutes les théories guerrières que nous connaissons.

Mais cet ennemi ne se montre pas, nous ne le voyons pas. Nous soupçonnons sa présence peut-être à quelques mètres, prêt à lancer son attaque et nous restons impuissants malgré nos moyens énormes, nos armes sophistiquées, nos militaires et civils courageux.

Un ennemi lâche, sournois qui s’attaque aux enfants, aux vieillards, aux handicapés, donc aux faibles, sans le moindre souci d’humanisme, sans soupçon de raisonnement, agit bestialement et supprime des vies innocentes. Ce comportement déroute tous les Etats major. Il se déplace à la fois dans un espace restreint, mais aussi dans de nombreux pays du monde et cette mouvance, nos puissants radars ne sont pas capables de la cerner.

Notre société n’a pas pour habitude de baisser les bras, d’accepter que des monstres viennent nous imposer un mode de vie que nous refusons. Nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir afin que notre santé et nos valeurs soient conservées.

Cet ennemi d’aujourd’hui, vous l’avez sans doute deviné, pourrait se nommer, le CORONAVIRUS.

Un peu d’humour :

Cliquez sur le lien Donec (ou sur l’image ci-dessus) et retrouver l’Article de Donec du mois d’avril :  »Le temps des bobards »

Etant tous confinés à la maison, profitons-en pour faire du classement dans nos papiers afin de retrouver les noms des associations et de leurs membres, n’hésitez pas, donnez-leur un coup de fil pour les encourager à tenir bon en cette période difficile.

Le devoir de mémoire ne s’arrête pas aux cérémonies mais il continu entre nous il s’appelle l’entraide, l’amitié, cela veut dire prendre conscience que partout nos camarades adhérents ont surement besoin de chacun de nous, pour cela vous avez la possibilité de prendre contact avec votre vice-président ou délégué départemental U.N.P.D.F. il suffit d’en faire la demande auprès de notre siège social.

Dans tous les cas, chers amis, protégez-vous, prenez soins de vous, continuer de prendre vos médicaments prescrits par votre médecin traitant.

Nous vous invitons toutes et tous à nous rejoindre en adhérent tout simplement à l’U.N.P.D.F. (cliquer sur le lien)

Les membres du bureau et du Conseil d’Administration conscient de votre confinement vous apportent leur soutien moral et vous adresse leurs fraternelles salutations, ils vous convient à les suivre à nouveau lors de la prochaine lettre éditoriale.

Lettre éditoriale des mois de janvier et février 2020

Ces mois de janvier et février auront été particulièrement calmes niveau cérémonie de devoir de mémoire, hélas les avis de décès, eux, ont été nombreux.

Durant cet hiver, beaucoup d’entre nous sont devenus les victimes d’un rhume interminable, alors prenez soins de vous, suivez les recommandations d’hygiène afin de ne pas être atteint par ce nouveau Coronavirus que nous espérons voir disparaître rapidement.

A nouveau ayons une pensée d’affection pour tous ceux qui sauvent des vies tels les pompiers, personnels des services hospitaliers, médecins, les gendarmes, nos soldats en opérations et tant d’autres.

Un peu d’humour :

En raison des craintes produites par la propagation du Coronavirus et afin d’éviter les déplacements de tous ceux voulant y assister, les membres du bureau et le Président de l’U.N.P.D.F. ont décidé d’annuler l’Assemblée Générale qui devait se tenir le 5 Avril 2020 à l’Hôtel village vacances (Les résidences du Colombier). Pour vos démarches d’annulation, voici les références à votre disposition : Les résidences du Colombier, 1239 Rue des Combattants d’Afrique du Nord, 83600 Fréjus Tel : 04.94.51.45.92 ou siège social 04.77.56.66.09.

Cette année, nous ne faisons pas d’appel à cotisation par écrit, ceci afin d’éviter des frais trop importants, vous vous devez de régler votre cotisation (20 €) chaque année avant la date de l’Assemblée Générale qui était prévue. Pour ceux qui ont omis de payer leur cotisation 2019 nous vous demandons de le faire rapidement par respect envers votre (notre) association et vos camarades qui eux sont à jour de la leur.

Pour votre information :

Veuillez envoyer votre courrier à notre siège social. Joignez le numéro de votre paiement dans votre correspondance. A la réception de votre paiement, nous vous ferons parvenir votre (ou vos) commande(s). Dans le cas d’un virement bancaire, demandez nous un IBAN.

Vous pouvez nous aider en faisant un don de soutien, en retour nous vous fournirons un reçu de don (CERFA) pour déclaration au service des impôts. .

Nous vous invitons toutes et tous à nous rejoindre en adhérent tout simplement à l’U.N.P.D.F. (cliquer sur le lien)

Les membres du bureau ainsi que le conseil d’administration vous souhaitent à toutes et à tous un bon mois de mars et vous convient à les suivre à nouveau lors de la prochaine lettre éditoriale au printemps.

La chronique historique « signée Donec » : Le drapeau rouge flotte sur Bergerac

L’Histoire est faite d’épopées dont l’imaginaire fait des mythes et qui finissent par enthousiasmer les enfants des écoles. Il existe aussi des pages étonnantes qui plongent rapidement dans l’oubli.

Prenons par exemple la présence des Soviétiques en France vers 1945, qui s’en souvient ?

Hervé Dupuy et Michel Lecat ont redécouvert un fonds de photographies laissé par un amateur, Robert Bondier qui relate, en photos, l’existence d’un camp soviétique près de Bergerac dans les six premiers mois de 1945.

Le dernier conflit mondial entraîna d’incroyables migrations de populations chassées, prisonnières et utilisées par l’armée allemande comme supplétifs ou esclaves. Les Russes y étaient en majorité. Ainsi à la fin de la guerre des milliers de Soviétiques hommes et femmes,  errent à travers la France. Ils sont bientôt regroupés dans des camps comme celui qui nous intéresse. Selon le ministère des affaires étrangères ils seraient près de 60 000.

S’ils sont abandonnés par les Allemands, les Français se refusent à les voir encombrer les casernes et leur destinent des camps de transit en attendant de les renvoyer  en Union Soviétique. L’installation est d’abord précaire mais avec l’aide de la population qui idéalise encore le génial « Maréchal Staline » et la « glorieuse l’Armée rouge » les choses se font tant bien que mal. On les occupe comme on peut et des rencontres sont organisées avec les bergeracois comme ce grand banquet qui réunit le 1er mai 1945 les Russes, la population bergeracoise et les autorités civiles et militaires.

Malheureusement nos Russes échappent à tout contrôle et leur comportement ne va pas tarder à déchaîner la colère de la population. Les autorités sont impuissantes devant la multiplication des agressions, des vols et des brutalités. Ils vont jusqu’à positionner un fusil mitrailleur à l’entrée de la caserne du 126ème RI à Brive et menacer de passer à l’attaque si leur égérie, la « princesse » Tamara Wolkonskaia, domiciliée à Rouffignac n’était pas libérée.

Pourquoi une telle mansuétude ? Les Russes détenaient un grand nombre de prisonniers français, des «  malgré-nous » et faisaient monter les enchères. Le gouvernement tenait absolument à conserver de bonnes relations avec la Russie. Nos Russes étaient intouchables.

Les meilleures choses ayant une fin, à l’été 1945 ils furent tous réexpédiés en URSS via l’Allemagne au grand soulagement des Bergeracois.

L’accueil qu’ils reçurent au pays des Soviets fut sans doute mitigé mais selon Hervé Dupuy, ils ne prirent pas tous les chemin du Goulag…

Lettre éditoriale du mois de décembre 2019

Ce mois de décembre fut, pour tous, la préparation des fêtes de Noël et du jour de l’an, courses diverses dont des cadeaux et différentes nourritures afin de régaler nos papilles en famille ainsi qu’entre amis. Malgré les nombreux jours de grèves, vous avez, chers amis Porte-drapeaux, réussi à être présent afin de participer aux cérémonies du 5 décembre 2019, journée Nationale d’hommage aux Morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie (Instaurée par décret n° 2003-925 du 26 septembre 2003)

Nous déplorons la mort de nos soldats en opération Barkane, nous continuerons de le répéter sans cesse, prenez le temps de penser à eux mais aussi à leurs camarades toujours en action au service de notre France.

Un Peu d’humour :

Mots du Président :

L’année 2019 vient de se terminée, nous avons eu le plaisir tout au long de cette année de communiquer avec vous, de vous tenir informer, de répondre à vos interrogations, de vous accompagner dans vos démarches et de vous remettre ce que de droit les médailles et diplômes que vous avez méritées.

En cette année 2020 qui débute, nous continuons d’être à votre écoute, je vous invite à rejoindre vos camarades en adhérent simplement à notre Union Nationale des Porte-drapeaux de France, affiliés à l’A.S.A.F. reconnue de toutes associations d’Anciens Combattants et de la Confédération Européenne des Anciens Combattants et Militaires-International (Pour laquelle on m’a confié tout récemment sa responsabilité que j’exercerais en tant que Président par intérim, dans l’attente de la prochaine Assemblée Générale à Bruxelles en Belgique).

Notre association regroupe de nombreux pays, ceux qui aiment, qui servent et représentent avec honneur et dignité les valeurs de la France.

Je salue nos amis et adhérents des DOM-TOM, nos sympathiques habitants de Saint Pierre et Miquelon, nos visiteurs du continent Asiatique, ceux d’Allemagne, du Canada, de Belgique, d’Italie, d’Amérique, des Pays-Bas,  de Russie, de Chine, d’Albanie et des Balkans, de Tunisie, de Suisse ainsi que nos nouveaux adhérents d’Espagne et nos amis du Luxembourg avec lesquels j’ai participé, au mois de novembre 2019, à un dépôt de gerbe au monument aux Morts ainsi qu’à la remise du nouveau drapeau de la  Confédération Européenne des Anciens combattants et Militaires Internationale, section Luxembourgeoise en la Ville de Arlon. 

Je remercie et félicite l’association départementale des Déportés Internés, Résistants Patriotes du Tarn et Garonne et de Paris (F.N.D.I.R.P.) d’avoir rejoint notre Union Nationale. Je garde en mémoire tous mes amis Porte-drapeaux déportés rescapés du VEL D’HIVE, tous ces déportés qui pendant de nombreuses années venaient se recueillir le soir sous l’Arc de Triomphe ainsi qu’à la Grande Synagogue, rue des Victoires à Paris et bien d’autres lieux. Amis porte-drapeaux n’oublions pas non plus notre cher Commissaire de la Flamme Michel DAVID qui accompagnait et dirigeait tous les Porte-drapeaux partout en France : Qu’ils reposent tous en Paix.

Cette année, nous ne faisons pas d’appel à cotisation par écrit, ceci afin d’éviter des frais trop importants, vous vous devez de régler votre cotisation (20 €) chaque année avant la date de l’Assemblée Générale. Pour ceux qui ont omis de payer leur cotisation 2019 nous vous demandons de le faire rapidement par respect envers votre (notre) association et vos camarades qui eux sont à jour de la leur.

Concernant la prochaine Assemblée Générale, celle-ci aura lieu le 5 avril 2020, à l’Hôtel village vacances (Les résidences du Colombier) accueil dès 9 heures. Téléchargez le dossier de participation ici : Convocation Assemblée Générale

Le déjeuner aura lieu sur place (Les résidences du Colombier, 1239 Rue des Combattants d’Afrique du Nord, 83600 Fréjus Tel : 04.94.51.45.92 ou siège social 04.77.56.66.09), vous pouvez aussi y réserver votre chambre (petit Bungalow) autant de jours souhaités, voir sur internet.

Pour les deux hôtels annoncez U.N.P.D.F.

Les Vice-présidents et délégués U.N.P.D.F se retrouverons le 4 avril 2020 dès 17h à l’hôtel Habituel, le Relais des Lavandins, Le Muy (83) pour assister au Conseil d’Administration, je leur demande de me téléphoner dès à présent. (Profitez-en pour visiter Fréjus et Saint Raphaël, l’Estérel ainsi que notre belle région Provence Alpes Côte d’Azur). Lors de vos déplacements le covoiturage est conseillé.

Office du tourisme de SAINT RAPHAËL 99 Quai Albert 1er Tel : 0494195252

Office du tourisme de FREJUS 249 rue Jean Jaurès Tel : 0494518383

Vous pouvez aussi dès à présent réserver votre chambre à l’hôtel Ibis 1074 Avenue De Lattre de Tassigny 83370 Fréjus Tel : 08.92.68.32.54 ou faire selon votre choix et vos possibilités.

Pour accéder aux différents lieux précédemment cités, prenez soit l’autoroute sortie Fréjus, soit le train TGV-TER gare de Saint Raphael-Valescure, prévoyez de réserver le plus tôt possible afin de bénéficier de tarifs préférentiels.

Veuillez transmettre par courrier à notre siège social U.N.P.D.F. (Carré des Templiers, 15 Rue Charles Hatrel, 83700 Saint Raphaël) votre participation, (en indiquant le nombre de personnes, votre adresse et numéro de téléphone, votre fonction ou titre), le nombre de réservations pour le déjeuner de cohésion du 5 avril 2020 (Avec ambiance musicale), ainsi que votre règlement par chèque au nom de « LES RESIDENCES DU COLOMBIER ».

Dernier délais de réservation le samedi 28 mars 2020.

LE MENU à 32 €

BUFFET
Apéritif en terrasse piscine
(Kir, punch, sangria, amuse-gueules et réductions chaudes)
ENTREE
Salade italienne jeunes pousses, tomates, jambon de pays, mozzarella, crème balsamique
PLAT
Boeuf rôti et son jus corsé, pommes de terre au four, légumes du soleil grillés
FROMAGE
Assiette de trois fromages sur son lit de mesclun
DESSERT
Fraisier
VIN DE PAYS
Rouge ou rosé à discrétion
(vin bouché en sus)
CAFE ou INFUSION

Je vous remercie d’assister à cette Assemblée Générale en portant une tenue correcte. Les Porte-drapeaux comme toujours seront en parfaite tenue avec gants blancs, coiffes, drapeaux et baudriers.

Rappel du Président :

Suite à de nombreuses demandes :

Au sujet du drap tricolore sur le cercueil d’un porte-drapeau ayant servi la France en sa fonction de représentation depuis de nombreuses années : Je souhaite de tout cœur qu’avec l’acceptation des familles, les présidents d’associations puissent en leur âme et conscience couvrir celui-ci.

Nous tenons à remercier chaleureusement notre mécène, la société MACAP qui depuis plusieurs années contribue grâce à ses dons à la vie de notre Union Nationale. 

Nous apprécions toujours la bonne qualité des divers matériels que nous nous sommes procurés pour notre Association tels que des : drapeaux, hampes, cravates, baudriers, gants, mâts, etc.

Nous souhaitons à son directeur ainsi qu’à tout son personnel tous nos vœux de bonne et heureuse année 2020.

Nous remercions également généreusement notre second mécène, Eric WETTER, et sa société : SERIGRAPHIE P. WETTER, fabricant de plaques de souvenirs, pour ses dons envoyés depuis quelques années, servant à la vie de notre Union Nationale.

Nous ne manquons pas lors de chaque édition de lettre éditoriale d’émettre une pensée pour tous ceux qui nous ont quitté et que nous avons honoré par entre autre, l’achat de plaques mémorielles.

Nous souhaitons également à son directeur et son personnel une très bonne et heureuse année 2020.

Mesdames, Messieurs, chers adhérents et amis, les membres du bureau ainsi que les membres du Conseil d’Administration se joignent à moi pour vous souhaiter une bonne année 2020 et surtout de garder une bonne santé tant pour vous que pour tous ceux qui vous sont chers. Que vive encore longtemps le devoir de mémoire grâce à vous. 

La Chronique Historique « signée Donec » : la Grèce en 1914

L’action se déroule en 1914 et nous conte l’histoire d’un enseigne de vaisseau qui embarque à la suite d’un naufrage sur un yacht anglais armé en guerre, une sorte de patrouilleur.
« Ce yacht était commandé par son propre propriétaire lieutenant commander RNVR (Royal Navy Volontary Reserve). Il y a en Angleterre, en temps de guerre, trois sortes d’officiers : RN (Royal Navy) officiers de carrière, RNVR comme le nôtre, et RNR (Royal Navy Reserve) provenant essentiellement de la Marine marchande.

Les officiers RN ont coutume de dire que les RN sont des marins et des gentlemen, les RNVR des gentlemen, et les RNR des marins, étant entendu que les seconds sont de piètres marins et les derniers des rustres.
Lui propriétaire d’un Yacht, était donc un marin, exception dans la RNVR et gentleman par droit de naissance. Tandis que moi, officier de la Marine marchande j’étais naturellement un rustre. Au surplus, tout ce qui n’arborait pas le pavillon britannique n’était que vermine de mer.

J’aurais pu feindre de ne pas entendre l’anglais, mais il parlait fort bien le français, le bougre, et il m’abreuvait d’anecdotes où la marine marchande en général et la Marine française en particulier n’avaient jamais un rôle très reluisant.

Par chance il m’abreuvait aussi de bon whisky personnel, qui lui était parfait, et sa table était très convenable.

Je me consolais en bavardant avec son second qui n’était pas anglais mais gallois, et RN, donc marin marchand comme moi, de sorte que nous sympathisions autour de son whisky, qui était loin de valoir celui de son commandant, mais on ne peut tout avoir n’est ce pas ?

A douze nœuds même en faisant des zig-zags, les milles défilent vite, et un matin le Flower of England (c’est ainsi qu’en toute simplicité s’appelait le yacht) arrive près de Corfou, sa destination.
Et, Ô surprise ! en grand’garde, je crus revoir mon vieux Robuste, miraculeusement ressuscité ! Ce n’était pas lui mais vraisemblablement son frère jumeau aussi vieillot, aussi rouillé, aussi misérable.

Seule différence il s’appelait Hercule.

Nous échangeâmes des signaux de reconnaissance, et quelques vociférations par porte-voix, et le yacht, toujours à douze nœuds, mit le cap sur l’entrée du port.

Il était tellement évident qu’aucun des deux n’avait compris ce que disait l’autre qu’une idée diabolique germa dans mon esprit.

« Vengeance, vengeance ! »

Je grimpai sur la passerelle et interpellai le commandant :

Vous avez entendu ce qu’il nous a dit ? »
Il m’a dit « Ouah, ouah, ouah ! comme on dit toujours dans un porte-voix.
Et qu’avez-vous répondu ?
J’ai répondu « Ouah, ouah, ouah » comme on répond toujours dans un porte-voix.
Oui ? Eh bien il vous a dit : « La passe est minée, suivez-moi ».

Malgré son flegme, il sursauta, et donna des ordres. Le Flower of England décrivit une courbe gracieuse, et vint prendre la ligne de file derrière l’Hercule.

Nous avions le vent debout, la fumée abondante et les escarbilles du patrouilleur nous empestaient, mais on n’y pouvait rien.

Le baronnet (ai-je dit qu’il était baronnet ?) était furieux. Moi j’étais ravi. Une heure et demie après (eh oui, à cinq nœuds !) nous étions mouillés à Corfou ;

Je fis mes adieux à mon hôte, le remerciai hypocritement, et m’en fus, avec mon équipage, me présenter aux autorités maritimes françaises.

Je fus bien accueilli, réconforté, habillé, logé, et l’on me dit que je serai « rapatrié » à Brindisi par la première occasion de mer, soit trois jours après. Jusque-là j’étais libre de mes mouvements.

Chacun sait que le marin, abandonné dans une ville inconnue, trouve miraculeusement le chemin le plus court pour le plus proche bistrot, havre naturel des abandonnés.

Trois minutes après, j’y étais.

Et là attablé sur la terrasse, en plein soleil, j’aperçus mon vieux camarade nantais Thomas, dit Muscadet.

Nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre, et je lui narrai mon odyssée.

Et toi, que fais-tu ?
Moi je commande le patrouilleur comme ton ex, l’Hercule.

Comme le monde est petit ! Tout heureux, je me mis à raconter l’histoire de l’Anglais tyrannique et chauvin, et conclus :

J’ai raconté au British que tu avais crié dans ton porte voix « La passe est minée, suivez moi ! »

Thomas leva sur moi son œil bleu, et articulant bien dit posément : « C’est exactement ce que je lui ai dit ! »