La chronique historique « signée Donec » : La Grande Russie

Au début du siècle dernier l’Etat russe atteint un intéressant niveau de sclérose. Il s’apprête a vivre un siècle d’abominables aventures révolutionnaires. En attendant il est en guerre contre le Japon.

La marine russe est très inégalitaire, une bande d’aristocrates mène d’une poigne de fer un équipage de moujiks. Le 21 octobre 1904 la flotte de la Baltique fait route vers Port-Arthur pour renforcer celle d’Extrême-Orient. Il fait nuit. Nous sommes au large de l’Angleterre, en pleine mer du nord, le navire-atelier Kamtchatka qui ferme la marche des 45 navires signale qu’ils sont suivis par plusieurs bâtiments dont les feux ne sont pas règlementaires.

Branle-bas de combat dans l’escadre, les Japonais attaquent !

L’amiral ROJESTVENSKY ne barguigne pas et fait ouvrir le feu pendant 20 minutes. Après avoir fait cesser le feu, on allume les projecteurs et surprise les destroyers japonais ne sont que de paisibles pêcheurs anglais. Heureusement que les canonniers russes tirent mal. Il n’y aura chez les Britanniques que deux morts et six blessés.

Comble de malchance, les croiseurs russes Aurora et Dmitrii Donskoi sont pris à partie par leurs coreligionnaires. L’aumônier et un matelot sont tués. Le cuirassé Oryol a de son côté tiré 500 obus en pure perte.

Non content d’avoir mis à mal les chalutiers anglais l’amiral ROJESTVENSKY abandonne les naufragés à leur sort.

Orage à Londres !

Sous la pression diplomatique une enquête internationale est menée. L’escadre doit relâcher à Vigo pour s’expliquer avant de poursuivre sa route vers son anéantissement total à la bataille de Tsushima.

Pour conclure c’est avec ces couillons, dit le « rouleau compresseur russe » que dix ans plus tard, le président Poincaré a la bonne idée d’affronter l’Allemagne. Nous n’avions peur de rien en ce temps-là.

Chroniques du passé : A bord du ravitailleur de Région GIBOULEE

J’ ai rassemblé divers documents afin de créer un montage concernant le séjour de ce bâtiment au C.E.P. de novembre 1963 à janvier 1973.
Jean Paul BOISTUAUD dit « le mousse » m’a fait un récit de sa traversée FRANCE – C.E.P. en 1963
et communiqué diverses photos.
Jean LE LAUSQUE dit « chef mail » m’a autorisé à utiliser les photos du R.R. LIAMONE.
Jean PICCOLO m’a remis un DVD de son séjour au C.E.P. de 1970 à 1972, j’en ai extrait plusieurs séquences concernant ce Ravitailleur.

J’y ai inséré divers documents personnels et je vous propose un moment de nostalgie de 11 min.

Antoine GYURISS

La Chronique historique « signée Donec » : Alexandre Henri Nadault de Buffon

La société Nationale de Sauvetage en Mer vient de fêter son cinquantenaire. Chacun a conscience du rôle essentiel de cette association, présente 24h sur 24 et 365 jours par ans pour venir en aide à ses frères marins malchanceux imprudents ou maladroits.

Cette belle organisation est issue de la fusion des Hospitaliers Sauveteurs Bretons et de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés. Cette dernière fut portée sur les fonds baptismaux par des personnages prestigieux : l’impératrice Eugénie, Napoléon III et l’amiral Rigault de Genouilly.

Aujourd’hui nous allons plutôt évoquer le souvenir de celui qui fut à l’initiative des Hospitaliers Sauveteurs Bretons : Alexandre Henri Nadault de Buffon.
Naturellement nous ne le confondrons pas avec son grand oncle Louis-Leclerc, Comte de Buffon entomologiste et maître de forges.

Le jeune Henri reçoit de son père le goût de l’ordre et de sa mère un authentique don littéraire, une imagination vive et généreuse sans oublier une profonde religiosité.

En 1848 la révolution éclate, il a 17 ans. Le 22 juin, une manifestation dégénère sous ses fenêtres. Son père est en mission. La garde Nationale est refoulée, il saisit les armes qu’il trouve, rejoint la Garde et fait le « coup de feu ». Il sera trois fois blessé. Pour cette action le voilà promu au grade de chevalier de la Légion d’Honneur.

La paix revient et l’Empire s’installe, en 1852 il est licencié en droit et entre dans la Magistrature.
Installé à Chalon sur Marne, le 21 mars 1861, il sauve de la noyade un malheureux qui se débat et manque de le noyer. Il obtient pour cet acte de courage la médaille d’or du sauvetage. Sa générosité est sans limite. Il apprend qu’un amoureux éconduit a tenté de se suicider, Il se rend chez la belle et la persuade de revenir sur sa décision. Ce qu’elle fait.

Un orateur né je vous dis !

A 36 ans il est nommé Substitut du procureur de Rennes, avancement brillant voire exceptionnel. Pourtant cet homme reste ouvert aux humbles. Il n’hésite jamais à effectuer des démarches en leur faveur. Cela ne l’empêche pas d’être aussi intransigeant avec ses principes au risque de nuire à sa carrière.

Il se bat aussi pour l’abrogation de la loi du 30 juin 1838 qui autorise l’internement d’un individu en asile psychiatrique sur la foi d’un seul certificat médical. Nadault de Buffon réclame qu’il soit contresigné par deux autres confrères. La réprobation est générale mais cette loi ne sera abrogée qu’en 1968.

Malheureusement en 1872 sa vue s’obscurcit et sa cécité devient totale.

Cinq ans avant son départ en retraite, se promenant sur la grève à Saint Malo l’idée lui vient de faire quelque chose pour ceux qui se consacrent à sauver la vie des autres en danger de mer.

Il mettra quatre ans à élaborer les statuts de la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons, son but étant de leur donner les moyens nécessaires à leur action.
Après un début difficile, des liens étroits vont se nouer avec la Société centrale de Sauvetage des Naufragés comme avec les milieux maritimes français et étrangers. A sa mort la société à largement dépassé le cadre des départements bretons. Elle allait poursuivre son développement jusqu’à sa fusion en 1967et devenir partie prenante de la Société Nationale de Sauvetage en Mer.

Comme il le disait, voyant son succès malgré les épreuves « Si Dieu avait frappé l’ouvrier, il s’était plu à bénir son œuvre ! ».

La Chronique Historique « signée Donec » : La folie des hommes

Une vraie catastrophe ne s’improvise pas, elle est faite d’une succession de fautes, de mensonges, de légèretés, de maladresses, d’économies malvenues.  Nous reconnaîtrons pourtant que le résultat dépasse souvent les espérances. Enfin cerise sur le gâteau les coupables, s’ils n’ont pas la mauvaise idée de se suicider ne sont pas vraiment inquiétés.

Prenons par exemple le drame du Vajont. En 1956 l’Europe s’électrifie à grand frais. Il faut faire fonctionner les joujoux d’une société de consommation en plein développement. L’Italie n’échappe pas à la règle et l’édification de barrages hydro-électrique va  bon train. Prenons celui du Vajont, au nord de Venise, au pied de  la montagne du Toc. Après des études géologiques  menées à la bonne franquette par des géologues complaisants, la construction commence. Le terrain de la montagne du Toc n’est absolument pas stable et d’emblée la situation va devenir inquiétante. Ainsi le 4 novembre 1960 un premier glissement de terrain entraîne une mise en eau moins ambitieuse. Les riverains s’inquiètent d’autant plus qu’une journaliste de l’Unita pousse des cris d’orfraie, repris en cœur par les habitants de la vallée. Certains, persuadés de l’éminence du drame ont quitté leur village.

Le 22 octobre 1963 vers 23 heures un glissement de terrain fait s’écrouler deux cent soixante millions de mètres cube dans le lac. Deux gigantesques vagues de plusieurs millions de mètres cubes d’eau se forment alors. La première passe par-dessus le barrage et dégringole la vallée. La seconde la remonte, se fracasse sur la montagne et redescend avec plus de violence encore. Ces vagues de cent cinquante mètres de hauteur emportent tout sur leur passage. Près de 2000 habitants périssent dans cette catastrophe.

Heureusement les responsables de la construction du barrage seront traités avec une mansuétude bien naturelle. Il y aura bien un suicide, mais l’ingénieur en chef du projet,  jugé en 1977 écopera d’une peine de cinq ans de prison. Heureusement il bénéficiera d’une mesure de grâce au bout d’un an.
Tout est bien qui fini bien.

Un film  intéressant retrace le drame : « la folie des hommes » (en italien : la diga del disonore),  Il a été réalisé par Renzo Martinelli en 2001.

Chroniques du passé : A bord du Foch

Le 15 Juillet 1963 j’embarque sur le Porte-Avions, adjoint au chef d’atelier forge-soudure.

Il y avait plusieurs « appelés » qui venaient d’embarquer, l’un de ceux-ci Marcel DELAMARRE soudeur expérimenté a pendant ses 16 mois de service filmé divers évènements :

  • Les missions.
  • La croisière MOUSSON.
  • Les escales en CORSE et à MAJORQUE.
  • La remontée du P.A. de TOULON à BREST.
  • Sa démobilisation en fin novembre 1964.

Son fils David DELAMARRE a numérisé toutes les bobines de films et photographié toutes les dédicaces faites par ses collègues. Grace à l’une d’elles, Marcel m’a retrouvé et je lui ai proposé d’effectuer le montage vidéo de cette période et d’insérer divers documents personnels que vous pouvez visionner  à présent.

Cela rappellera des souvenirs à certains qui ont navigué sur ce bâtiment à la même période

Antoine GYURISS

Cette vidéo est insérée dans le forum du site Anciens Cols Bleus “P.A. FOCH message n°1070